Qu’est-ce que la cholestase gravidique ?

La cholestase intrahépatique de la grossesse, aussi appelée cholestase gravidique, est un trouble du fonctionnement du foie propre à la grossesse. Les acides biliaires circulent alors en quantité trop importante dans le sang.

Elle apparaît le plus souvent au troisième trimestre, mais peut débuter plus tôt. Elle s’améliore habituellement après l’accouchement.

Quel est le symptôme le plus typique ?

Le signe qui doit faire penser à une cholestase est une démangeaison importante sans éruption cutanée. Elle peut toucher tout le corps, mais les paumes des mains et les plantes des pieds sont particulièrement évocatrices. Les démangeaisons sont souvent plus fortes la nuit et peuvent empêcher de dormir.

Il faut cependant garder en tête que les démangeaisons sont fréquentes pendant la grossesse et que la majorité ne sont pas liées à une cholestase. C’est le contexte et surtout le bilan sanguin qui permettent de faire la différence.

Pourquoi faut-il consulter même s’il n’y a pas de boutons ?

Justement parce que la cholestase ne provoque habituellement pas de rash. Une femme peut avoir la peau visuellement normale tout en ressentant un prurit intense.

Si les démangeaisons deviennent importantes, touchent les mains ou les pieds, ou s’aggravent la nuit, il est raisonnable de contacter l’équipe qui suit la grossesse. Rarement, une coloration jaune de la peau ou des yeux peut apparaître.

Quels examens permettent de poser le diagnostic ?

Le bilan repose principalement sur le dosage des acides biliaires sanguins et sur des tests hépatiques. Les acides biliaires peuvent être élevés même si certaines enzymes du foie sont encore normales.

Un point important : les démangeaisons peuvent commencer plusieurs jours ou semaines avant que les analyses deviennent anormales. Si le prurit persiste malgré un premier bilan normal et qu’aucune autre cause n’est retrouvée, les analyses doivent être répétées.

Quels sont les risques pour le bébé ?

La cholestase est associée à une augmentation du risque de naissance prématurée. Le risque fœtal dépend surtout du niveau maximal d’acides biliaires et des autres facteurs présents pendant la grossesse.

Selon le RCOG, une cholestase dite sévère avec des acides biliaires à 100 µmol/L ou plus est associée à un risque de mort fœtale plus élevé. À des niveaux plus faibles, le risque dépend du terme et de facteurs associés comme une grossesse multiple, une pré-éclampsie ou un diabète gestationnel.

Comment surveille-t-on une cholestase ?

Une fois le diagnostic posé, la grossesse doit être suivie par un obstétricien. Les analyses sont répétées afin de suivre l’évolution des acides biliaires et du bilan hépatique, et un plan individualisé est défini.

La patiente doit également rester attentive aux mouvements du bébé. En cas de diminution inhabituelle, il faut contacter immédiatement la maternité ou la clinique, comme expliqué dans notre article sur la diminution des mouvements fœtaux.

Existe-t-il un traitement ?

Des mesures simples peuvent parfois diminuer l’inconfort : douche fraîche ou tiède, vêtements amples en coton, émollients. Certains traitements symptomatiques peuvent être proposés par le médecin.

L’acide ursodésoxycholique peut réduire légèrement les démangeaisons chez certaines patientes. Il ne remplace toutefois pas la surveillance obstétricale et ne permet pas de considérer le risque fœtal comme supprimé.

Faut-il déclencher l’accouchement plus tôt ?

Parfois oui. Le terme proposé dépend surtout du niveau d’acides biliaires et des autres risques associés. À titre de repère, le RCOG envisage chez une grossesse unique sans autre complication une naissance planifiée vers 38–39 semaines pour des acides biliaires entre 40 et 99 µmol/L, et plus tôt lorsque le taux atteint ou dépasse 100 µmol/L.

Ces chiffres ne sont pas une date automatique : le choix entre attente, déclenchement ou césarienne dépend du dossier, du terme, de l’évolution biologique et des préférences discutées avec l’équipe.

Que se passe-t-il après l’accouchement ?

Les démangeaisons s’améliorent généralement rapidement après la naissance, mais les analyses peuvent mettre plusieurs semaines à se normaliser. Un contrôle post-partum est recommandé afin de vérifier la disparition des symptômes et la normalisation du bilan hépatique et des acides biliaires.

La cholestase peut récidiver lors d’une grossesse suivante. Il est donc important de signaler cet antécédent dès le début d’une future grossesse.

À retenir

  • La cholestase donne typiquement des démangeaisons sans boutons, souvent plus fortes la nuit.
  • Les paumes des mains et les plantes des pieds sont des localisations particulièrement évocatrices.
  • Le diagnostic repose sur les acides biliaires et le bilan hépatique.
  • Un premier bilan normal n’exclut pas la cholestase si les démangeaisons persistent : les analyses peuvent devoir être répétées.
  • Le risque fœtal dépend surtout du niveau des acides biliaires et des facteurs associés.
  • Une surveillance obstétricale et parfois une naissance planifiée plus tôt peuvent être nécessaires.

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Sources médicales de référence

Information générale : cet article ne remplace pas un examen médical ni une évaluation urgente en présence de signes d’alerte.